KENDO

31 mai 2021
ANGELA PAPACCIO
Le Kendo féminin en Italie

Le Kendo féminin en Italie

01.

ePourquoi as-tu commencé le kendo ?
Depuis l’enfance j’ai fait beaucoup de sport en compétition. Vers mes 18/19 ans je ne supportais plus l’hyper-compétitivité et l’atmosphère féroce qu’elle créait, et j’ai donc arrêté le lancer de javelot en compétition, pour passer à une pratique occasionnelle du tennis. Au bout de 3 ans, cela est devenu répétitif et ennuyeux, j’ai donc décidé de me lancer dans les arts martiaux. J’ai été particulièrement attirée par le kendo, à cause de l’usage du sabre, et de ses connexions très étroites avec la culture japonaise. Ces deux caractéristiques semblaient faire du kendo une activité harmonieuse présentant un équilibre entre physique et mental.

Pourquoi est-ce-que tu continues aujourd’hui ?
Car pour la première fois de toute ma vie, j’ai trouvé une activité si dure à maîtriser, et si fluide dans sa compréhension que même après toutes ces années je suis aussi curieuse et stimulée qu’à mes débuts.

Qu’est-ce-qui a changé pour toi depuis l’obtention du 7e Dan ?
Malheureusement rien n’a changé puisque la Covid est arrivée quelques semaines seulement après mon passage de grade. Donc repose-moi la question dans un an !

02.

Tu as aussi été compétitrice, ainsi que coach pour l’équipe italienne de Kendo : qu’est-ce-que cela t’a apporté dans ta pratique ?
C’est une expérience incroyablement formatrice. En tant que compétiteur, faire partie d’une équipe et rencontrer les meilleurs de son pays permet de tester les progrès qu’on fait au dojo. Cela te force à affirmer ton caractère et ta personnalité sous l’influence du stress et de la pression dans un environnent compétitif, avec l’idée de donner 120 % de toi-même pour atteindre un but commun : le succès de l’équipe. Ce sentiment construit au sein de l’équipe a un grand impact sur les compétiteurs, puisqu’ils peuvent ensuite le retransmettre en rentrant dans leurs dojos, et c’est un moyen puissant pour transmettre une connaissance positive du kendo dans son pays. En tant que coach, j’ai surtout appris l’importance de la gestion psychologique. Créer une équipe qui gagne, ce n’est pas nécessairement sélectionner les compétiteurs les plus forts, mais c’est prendre les meilleurs. Lorsque tu es coach d’une équipe nationale, tu travailles déjà avec les plus forts de ton pays, tu n’es pas là pour enseigner le kendo. Faire fusionner ces individus et créer l’« ensemble » parfait, c’est le travail qu’on cherche à accomplir. Il faut aménager les horaires pour pousser les compétiteurs et comprendre leurs limites, et offrir des corrections à chaque membre pour voir leur capacité d’ajustement. Tu veux tester leur versatilité jusqu’à ce qu’ils se conforment à ce que tu désires ou se brisent.

Ma plus grande joie a été de gagner les EKC en tant que coach : il n’y rien de plus satisfaisant que de travailler tous ensemble, et de récolter les plus beaux lauriers.

03. 

Quand as-tu été sélectionnée pour la première fois en équipe d’Italie ? De quelle manière a évolué la prise en charge des athlètes italiens par votre fédération pour les EKC et les WKC depuis tes débuts en sélection ?
J’ai été sélectionnée pour la première fois en 1998 pour les EKC à Bâle, ce fut un immense choc émotionnel, mes coéquipiers ont été fantastiques en m’aidant à résister à cette pression. J’ai arrêté en 2012. Il y a peu d’argent dédié au kendo en Europe, donc la fédération n’a pu prendre en charge que l’hébergement et les repas les jours de compétitions, le voyage était à la charge des participants. Cela n’a pas changé depuis. Parfois, lorsqu’on est chanceux, la fédération nous aide plus. Ces dernières années, la fédération a décidé (à raison selon moi) de défrayer entièrement les Juniors.

Quelle est la différence entre le travail d’un coach et d’un professeur pour toi ?
Selon moi, un coach est un professeur occasionnel qui possède un certain nombre de connaissances spécifiques qu’il peut transmettre, alors qu’un professeur est un enseignant quotidien qui devrait se concentrer sur les progrès techniques et humains de ses élèves. Un professeur devrait être perçu comme un membre de la famille : ennuyeux et intrusif mais qui te connaît le mieux.

Penses-tu qu’on puisse être fort en Kendo sans faire de compétition ?
Non : pour une connaissance et une compréhension pleine du Kendo il ne faut pas éviter la compétition. Une expérience complète de la compétition, qui doit s’inscrire dans l’ordre logique de progression dans la pratique, fait une grande différence pour devenir un kendoka plus fort. Je suis persuadée, que c’est seulement à travers le défi de la compétition qu’on peut aspirer à pratiquer un kendo de bonne qualité durant toute sa vie.

Quel regard portes-tu sur l’évolution du niveau de kendo en Italie depuis tes débuts ?
La différence de niveau est inimaginable. J’ai commencé avec un professeur 1er Dan, alors qu’aujourd’hui presque tous les petits dojos ont un professeur 3e ou 4e Dan. Les conditions pour les débutants sont idéales. Ce succès est dû pour moi, à la passion qu’ont les quelques sélectionnés qui durant les années 90 ont voyagé en Europe, au Japon et en Corée pour développer leur kendo, et être des modèles. Ces personnes ont compris que se concentrer sur le développement des jeunes était la marche à suivre, et des efforts ont été faits pour rendre le kendo plus abordable, là où « l’ancienne génération » se concentrait sur l’aspect philosophique et élitiste de notre discipline. Aujourd’hui je pense que notre fédération possède un noyau de professeurs assez solide pour réintroduire une approche plus raffinée du kendo, et la combiner avec la légèreté nécessaire pour garder l’intérêt des jeunes pratiquants éveillé.

Et sur l’évolution du niveau féminin en Italie et en Europe ?
Tu soulèves un point douloureux. On sait que les femmes représentent 20-25 % des pratiquants en Europe. Ainsi la probabilité qu’une femme atteigne un haut grade en Kendo est faible. Il est très difficile pour une femme d’être considérée comme sensei de haut niveau lors d’évènements internationaux. Le fait qu’il y ait moins de femmes à prendre en exemple, fait passer le message que les senseis les plus forts sont seulement des hommes, et que seul leur style de kendo est fiable. Pour dépasser cela, il serait important de comprendre pourquoi des femmes avec un palmarès illustre et un kendo de grande qualité, n’arrivent pas à atteindre le plus haut niveau. Au regard du niveau italien et européen, il y a proportionnellement un bon nombre de femmes très talentueuses avec un beau kendo, très complet, en particulier chez les 5e, 6e et 7e Dan dans différents pays européens. La plupart encadrent des pratiquants et enseignent depuis des années. Ce qui m’inquiète, ce sont les catégories de niveau intermédiaire qui sont en diminution. Nous devrions nous demander pourquoi ces femmes arrêtent le Kendo.

Qu’est-ce-qui pour toi pourrait permettre d’améliorer le niveau de kendo féminin en Europe ?
D’abord on devrait faire des efforts pour inciter plus de femmes à commencer le kendo. Avec plus de pratiquantes on pourrait créer un réseau plus grand et augmenter l’intérêt et la visibilité pour toutes ces femmes fortes que nous avons déjà. Ensuite il faut comprendre pourquoi beaucoup de femmes arrêtent le kendo. Selon moi il faut se concentrer au niveau du dojo, il y a encore beaucoup d’enseignants qui ne comprennent pas les « nuances » qu’il y a à enseigner à des gens de différentes tailles, âges et tempéraments. Avec une population majoritairement masculine dans les dojos, la courbe de progression change radicalement à un certain niveau selon qu’on soit un junior, une femme ou un homme.

On voit aujourd’hui se développer en Europe des stages de Kendo réservés aux femmes, et des compétitions entièrement féminines : quel regard portes-tu sur ces initiatives ?
J’applaudis vivement toutes ces initiatives. Ce qui me trouble le plus c’est l’extension du calendrier de kendo, qui implique de choisir entre tel ou tel événement. Mais, je suis persuadée que c’est une opportunité unique pour notre groupe de créer des liens et de partager des informations sur la manière de travailler ensemble pour augmenter notre présence. C’est aussi un réel plaisir que de partager une session d’entraînement avec ses opposantes habituelles en compétition.

Quelle routine d’entraînement suis-tu aujourd’hui avec la Covid ? Quels conseils donnerais-tu aux pratiquants de kendo en cette période ?
Je suis une personne très feignante et puisque la pratique régulière en Italie est malheureusement interdite, il ne reste que l’option Zoom, ou aller au parc (seule la pratique individuelle est autorisée). Ma seule suggestion est de garder son corps et son esprit alertes, même avec une simple séance d’étirements, d’échauffement ou de suburis. Je meurs d’envie de reprendre !

Quelle est aujourd’hui ta plus grande fierté en Kendo ?
Mes élèves.

Quels sont maintenant tes objectifs pour le futur ?
D’être pleinement digne de mon 7e Dan et de continuer à prendre du plaisir à chaque ji-geiko

Les entrainements, les compétitions, les amis, l’arbitrage, les examens de grade… Une vie de passionnés !

01.

TYour content goes here. Edit or remove this text inline or in the module Content settings. You can also style every aspect of this content in the module Design settings and even apply custom CSS to this text in the module Advanced settings.

02.

Your content goes here. Edit or remove this text inline or in the module Content settings. You can also style every aspect of this content in the module Design settings and even apply custom CSS to this text in the module Advanced settings.

03. Les entrainements, les compétitions

Le Naginata traditionnel ressemble à une sorte de hallebarde dont la lame, plus courbée que celle du sabre japonais, possède comme lui un seul tranchant. Elle est montée sur une hampe qui pouvait atteindre deux mètres de long. Le maniement de cette arme est le Naginata jutsu et plus communément le Naginata. Dans sa forme la plus moderne, le Naginata est un escrime dont l’arme d’une longueur d’environ 210 cm, est constitué d’une lame flexible en bambou et d’une hampe en chêne. Les combattant sont protégés par une armure et les coups sont portés réellement mais sans danger. Cette discipline sportive reste un Budo et comprend d’autres pratiques moins sportives. Il existe des compétitions au niveau régional, national, européen et mondial.

Les dernières actualités du Kendo

Card image cap

KENDO

19 juillet 2021

KENICHI YOSHIMURA SENSEÏ, LE JUBILÉ

Le 17 février 1970 un étudiant japonais de 21 ans débarque à Orly pour un séjour qu’il imagine durer quelques mois, 50 ans plus tard, toujours Parisien, il est devenu la pierre angulaire du kendo Français. LIRE
Card image cap

KENDO

7 juillet 2021

REI NI HAJILMARI REI NI OWARU

Pratiquer le Kendo nous invite à faire un voyage dans le temps et l'espace, afin de partager une culture qui à force de travail sera peu à peu la nôtre. LIRE
Card image cap

KENDO

7 juin 2021

ANGELA PAPACCIO

Le Kendo féminin en Italie LIRE

KEN DO Magazine

Découvrez notre magazine papier. Toute les infos sur nos disciplines … mais pas que !
Culture, Cuisine, Expositions, Arts, Cinéma, Portrait de sensei, etc…

Plus de 450 Clubs en France

Tous nos clubs sont affiliés à la Fédération Française de Judo, Jujitsu, Kendo et disciplines associées. Nos enseignants sont tous titulaires d’un diplôme fédéral reconnu par le Ministère des Sports.

TROUVER UN CLUB EN FANCE

Contactez-Nous

FFJDA-INJ

21-25, Avenue de la porte de châtillon
75680 PARIS CEDEX 14

Tél  : 01.40.52.16.81
Fax : 01.40.52.16.80

kendo@ffjudo.com

Suivez-Nous

Le CNKDR est membre de la Fédération Européenne de Kendo-EKF
Le CNKDR est membre de la Fédération Européenne de Naginata-ENF
Le CNKDR est membre de la Fédération Internationale de Kendo-FIK

Le Comité National de Kendo et Disciplines Rattachées (CNKDR) est un organe interne de la Fédération Française de Judo, Jujitsu, Kendo et Disciplines Associées (FFJDA).
Auquel est confié la gestion du Kendo et des disciplines qui lui sont rattachées et qui sont : le Iaïdo, le Sport Chanbara, le Naginata, le Jodo et le Bô-Jitsu.
Le CNKDR a pour mission de gérer les activités techniques, sportives et administratives des disciplines ci-dessus indiquées, pratiquées par les associations affiliées à la FFJDA.

FFJDA • 21-25, Av. de la Porte de Châtillon – 75680 PARIS CEDEX 14
Tél. : 01.40.52.16.81 - Fax : 01.40.52.16.80
 Mail : kendo@ffjudo.com
© 2021 / Comité National de Kendo et Disciplines Rattachées - Tous droits réservés